Page:Jacques Roux à Marat.djvu/8

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édifié le public par la régularité de sa conduite ecclésiastique. À Ste-Radegonde, le 17 mai 1786. Signé Frouin, curé de Ste.-Radegonde, Cosson, ancien archiprêtre de Barbezieux, Châteauneuf, archiprêtre de Barbezieux.

C’est donc une calomnie infâme, que de publier que ma conduite irréguliere et mes mœurs dépravés avoient été cause que je n’avois pu trouver de place. Apprends, Marat, que sous l’ancien régime, les évêques et les vicaires généraux ne faisoient pas de grace aux ecclésiastiques qui donnoient dans des excès scandaleux. Certes, si j’eusse été aussi scélérat que tu le suppose, je n’aurois pas professé six ans la philosophie dans le même séminaire ; je n’aurois pas exercé les places de vicaire et de desservant dans deux diocèses contigues ; l’on ne m’auroit pas donné des attestations aussi honorables de mes études et de ma conduite, attestations que je suis prêts à communiquer à tous ceux qui le désireront. Si j’eusse été aussi scélérat que tu le dis, l’évêque de Saintes ne m’auroit pas confie des dessertes importantes au sortir de chez M. Montlausier, et on ne m’auroit pas résigné une cure…

En un mot, si j’eusse été aussi scélérat que tu le dis, Marat, j’aurois eu des affaires à la police, j’aurois été cité devant les tribunaux pour des actions de débauche ou pour avoir troublé la paix dans les familles : or je défie mes ennemis de produire contre moi aucun acte de cette nature. Un homme sans mœurs est ordinairement un homme noyé de dettes. Or je défie de prouver que j’ai reçu une seule assignation, et que j’aie manqué quelquefois à mes engagemens.