Page:Janin - Les Catacombes, tome 1, 1839.djvu/189

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DE SADE.

put continuer à loisir son atroce lecture. Justement ce jour-là le ciel se couvrit de nuages, le vent se déchaîna, le Rhône se mit à hurler de toutes ses forces : la corde du bateau qui réunit les deux rives se brisa, et le vieux curé fut forcé de passer la nuit sur l’autre bord, lui et son Dieu qu’il portait entre ses mains.

Hélas ! hélas ! si jamais vous avez apaisé les flots en tumulte, mon Dieu, si jamais vous avez dompté les flots de la mer, si jamais vous êtes sorti de votre sommeil au plus fort de la tempête en disant : Hommes de peu de foi, que craignez-vous ? c’est bien le cas, Ô Jésus sauveur, de passer l’eau encore, de dompter la tempête encore, et de venir au secours du petit Julien, que le marquis de Sade enveloppe de son venin mortel ! La tempête dura toute la nuit, toute la nuit le fleuve gronda, le ciel fut en feu, et le tonnerre fatigua les échos des montagnes : mon malheureux ami n’entendait rien, il lisait le marquis de Sade !

Au premier rayon de soleil le Rhône s’a-