Page:Janin - Les Catacombes, tome 1, 1839.djvu/190

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LE MARQUIS

paise, le ciel redevient tout bleu, l’oiseau chante, l’arbre relève sa tête fatiguée, le batelier rentre dans son bateau, et le digne passeur revient à son bercail. Il va d’abord à sa petite église, et il remet sur l’autel le saint ciboire ; puis, sa prière faite, il rentre à la maison. Moi j’étais sur la porte, dans toutes les joies de la matinée, occupé à attendre le bon curé ; je chantais, j’appelais le chien qui attendait son maître devant l’église ; je disais bonjour à Catherine, qu’entraînait sa vache, ou bien je distribuais le raisin de la vigne,, ornement de la maison, à la poule et au pigeon domestique. J’étais oisif, j’étais seul ; Julien n’était pas encore levé, et j’attendais Julien.

Le bon gros curé Gabriel, en revenant de l’église, m’embrassa bien fort, et d’un ton joyeux il m’adressa son interrogation latine : Quomodo vales ? Et moi de lui répondre dans le même latin : Valeo. En même temps il cherchait Julien, son petit Julien tout blond, joli, tout menu, et qu’il aimait comme un père