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LA SŒUR ROSE

tées d’une maison à cinq étages, un 18e siècle à votre usage. Mes petits messieurs, vous avez beau dorer et redorer de vieux meubles, vous avez beau commander des sophas tout neufs, ni vos peintures ni vos velours ne ressemblent à nos peintures et à nos velours. Et quand bien même vous seriez parvenus à imiter quelque peu tout ce luxe que tu vois là, la chose plaisante ! vous introduiriez dans ces demeures des marchandes de modes, des femmes d’huissier ou des clercs de notaire ; mesquine, ridicule et peu amoureuse parodie de la dignité humaine !

Ainsi parlait le diable. Moi cependant je ne l’écoutais plus, et, tout entier au spectacle que j’avais sous les yeux, je regardais. Quand toute cette fête fut bien préparée, entrèrent pêle-mêle de jolies femmes indécemment parées, entrèrent aussi de beaux petits jeunes gens à l’air fin et spirituel. Toutes les belles manières du beau monde se déployaient à l’aise dans ces riches salons : des serviteurs