Page:Janin - Les catacombes, tome 2.djvu/58

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
51
ET LA SŒUR GRISE.

— Cette femme, dit t le diable en se dandinant, qui veux-tu qu’elle soit ? C’est Léonore.

J’étais ému au dernier point ; ce drame que je touchais ainsi de l’âme et du regard s’était emparé de moi avec passion ; je me disais qu’en effet j’allais être le témoin de quelque chose d’étrange et de hardi. — Mais tout à coup le diable retira sa main, il disparut comme une fumée que l’air emporte, et je n’eus plus devant les yeux que ces ombres de palais et de tanières plongés dans une ombre impénétrable. — Le diable m’abandonna ainsi au plus beau moment de son histoire. Jusqu’au cigare qu’il m’avait donné, et que je fumais avec volupté, était redevenu un insipide morceau de bois.

Resté seul, je redescendis comme je pus de ces hauteurs désenchantées, ouvrant les yeux sans rien voir, prêtant l’oreille sans rien entendre, poursuivi par mille visions bizarres, par mille bruits confus, et cherchant en vain un dénouement à cette histoire qui se passe