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les mémoires

jugement si fin, ton goût exercé ? où sont ces bibliothèques, ces théâtres, ces réunions d’heureux oisifs où l’on ne sent de l’étude que les plaisirs ? Vive la pauvreté servie ainsi par toutes ces intelligences d’élite ! vive le génie favorisé par de tels auditeurs ! Dans cette province reculée où je suis riche et considéré de tous, heureux près d’une belle femme que j’aime, possesseur d’une maison et de beaux jardins, entouré d’une bibliothèque de chefs-d’œuvre, je me prends à regretter parfois mes misères à Rome, ma solitude à Rome, mes folles amours à Rome, ma vie de parasite, de flatteur, de mendiant, mais à Rome. Hélas ! que j’ai pitié souvent de mon abondance présente ! que cette fortune me pèse, entouré comme je suis de cette servitude de province et de toutes les jalousies mesquines de mon municipe ! Non ! loin de Rome point de génie ! Rome, déesse des nations et du monde, Rome que rien n’égale, dont rien n’approche, tu seras toujours mon amour ! Rome, où le pau-