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de martial.

vre ne peut ni penser ni dormir, tu seras toujours le regret du riche Martial ! Que de fois cependant, quand j’étais perdu dans ce tourbillon de plaisirs, de pensées et d’affaires, ai-je maudit ce grand bruit sans fin et sans cesse qui se faisait à mon esprit et à mes oreilles ! Comment faire de la poésie, m’écriais-je, avec les maîtres d’école le matin, les boulangers la nuit, les batteurs d’or tout le jour ? Ici un changeur fait sonner sur son comptoir les pièces marquées au coin de Néron ; là un batteur de chanvre brise à coups de fléau le lin que nous fournit l’Espagne ; plus loin le prêtre de Bellone, ivre de fureur, se heurte contre le vil Juif instruit par son père à mendier. Qui voudrait compter à Rome les heures perdues pour le sommeil pourrait compter combien de mains agitent les bassins de cuivre qui doivent détacher les astres du ciel. Et pourtant, ô Rome bruyante, et cruelle, et sans pitié pour les poëtes, ton poëte Martial, à qui tu refusais du pain et une toge, ne peut