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de martial.

sont pas sans réplique. Les uns trouvent mes vers trop libres ; on ne peut pas, disent-ils, les lire dans une école. Il est vrai que mes vers ne sont pas faits pour les écoles ; ce sont des vers enjoués, qui pour plaire ont besoin d’une pointe tant soit peu grivoise. D’autres se récrient que souvent mon vers mord jusqu’au sang et fait une blessure cruelle ; mais qui dit épigramme ne dit pas une fade louange. L’épigramme est déjà bien assez difficile à écrire sans vouloir lui ôter sa méchanceté piquante. Dans mon esprit, je mets le faiseur d’épigrammes bien avant le faiseur de tragédies : celui qui écrit une tragédie a toute liberté d’expliquer son œuvre à l’aide d’un prologue ou d’un récit ; il faut que l’épigramme s’explique en peu de mots et souvent en un seul ; la tragédie aime l’enflure et les manteaux extravagants ; l’épigramme est simple et nue ; la foule admire les illustres tragédies, mais elle sait par cœur les bonnes épigrammes. Quelques-uns me reprochent d’ê-