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les mémoires

tre badin et rieur et de ne jamais écrire des choses sérieuses ; mais, si je préfère aux choses sérieuses celles qui amusent, c’est ta faute, ami lecteur, toi qui lis et qui chantes mes vers dans toutes les rues de la ville. Ah ! tu ne sais pas ce qu’elle me coûte cette popularité poétique ! car si j’avais voulu me poser comme le défenseur de tous les opprimés dans le temple du dieu qui tient la faux et le tonnerre, si j’avais voulu vendre mon éloquence et mon esprit aux accusés tremblants, mes celliers seraient remplis de vin d’Espagne, ma toge serait brodée en or. Un pauvre homme qui fait des livres ne peut attendre tout au plus pour son salaire qu’une place à quelque bonne table. Laissons donc aboyer les détracteurs, chiens enragés qui me déchirent de leurs morsures et dont le nom doit mourir inconnu. Les idiots ! ils attaquent vers par vers, et comme s’il s’agissait du poëme de Lucain, des bagatelles qui ont eu le bonheur de plaire aux plus éloquents orateurs du bar-