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de madame prevost.

trez, entrez sans peur, entrez avec orgueil dans la boutique de Mme Prévost.

Cette femme avait été très-belle, et, rien qu’à la voir cachée dans ses dentelles, on devinait sans peine que l’amour avait passé par là. Son regard était fin, mais voilé ; son sourire était doux et calme, mais elle souriait rarement. Toute sa vie elle avait eu une grande passion pour les fleurs ; non-seulement elle les cultivait avec un succès sans égal, mais encore pas une main mortelle ne savait en nuancer les couleurs avec plus d’art et plus de goût. Elle faisait un bouquet avec autant de passion que Cardaillac le bijoutier quand il montait un de ses chefs-d’œuvre ; puis, son bouquet fait, elle le mettait en réserve, attendant une femme assez belle pour le porter ; et, si cette femme n’arrivait pas le même jour, Mme Prevost gardait son bouquet pour elle-même, et elle était heureuse. Aux femmes qui passaient et qui achetaient un bouquet par hasard elle donnait des bouquets faits