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de madame prevost.

bonheur. La vieille dame sur le retour tenait à la main le bouquet rouge, la jeune dame avait à son côté souple et délié les fleurs des champs. Elle paraissait faite pour ces douces fleurs, qui paraissaient faites pour elle : la pâleur de son teint s’animait au reflet des marguerites ; de temps à autre elle semblait aspirer avec délices la faible odeur du serpolet. J’aurais de bon cœur averti de sa bonne fortune le jeune protégé de Mme Prevost ; mais le moyen de lui dire : — Mon ami, félicitez-vous ! vous avez deux rivaux qui ont envoyé chacun un bouquet à votre maîtresse : le premier bouquet, Mme de Melcy l’a infligé à son amie ; le second bouquet, elle l’a gardé pour parer sa chambre ; elle porte le vôtre à son corsage. Vous êtes le plus heureux des trois ! — Mon jeune fanatique était véritablement dans une position à ne rien écouter.

Le spectacle commença. Que vous dirai-je de Mlle Tagiioni ? Elle fut adorable. Elle s’enveloppa tant qu’elle put dans sa tristesse