Page:Jean de Léry - Voyage au Brésil - Gaffarel vol 1, 1880.djvu/47

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Indes, a fort bien remarqué : assavoir que ce livre des Singularitez est singulierement farci de mensonges, si l’autheur toutesfois, sans passer plus avant, se fust contenté de cela, possible eussé-je encores maintenant le tout supprimé.


Mais quant en ceste presente année 1577. lisant la Cosmographie de Thevet, j’ay veu que il n’a pas seulement renouvelé et augmenté ses premiers erreurs, mais, qui plus est (estimant possible que nous fussions tous morts, ou si quelqu’un restoit en vie, qu’il ne luy oseroit contredire), sans autre occasion, que l’envie qu’il a euë de mesdire et detracter des Ministres, et par consequent de ceux qui en l’an 1556. les accompagnerent pour aller trouver Villegagnon en la terre du Bresil, dont j’estois du nombre, avec des digressions fausses, piquantes, et injurieuses, nous a imposé des crimes ; à fin, di-je, de repousser ces impostures de Thevet, j’ay esté comme contraint de mettre en lumiere tout le discours de nostre voyage. Et à fin, avant que passer plus outre, qu’on ne pense pas que sans tres-justes causes je me pleigne de ce nouveau Cosmographe, je reciteray icy les calomnies qu’il a mises en avant contre nous, contenues au Tome second, livre vingt et un, chap. 2, fueil. 908 :


« Au reste (dit Thevet) j’avois oublié à vous dire, que peu de temps auparavant y avoit eu quelque sedition entre les François, advenue par la division et partialitez de quatre Ministres de la Religion nouvelle, que Calvin y avoit envoyez pour planter sa sanglante Evangile, le principal desquels estoit un ministre seditieux nommé Richier, qui avoit esté Carme et Docteur de Paris quelques années auparavant son voyage. Ces gentils predicans ne taschans que s’enrichir et attrapper ce qu’ils pouvoyent, firent des ligues et menées