Page:Jean de Rotrou-Oeuvres Vol.4-1820.djvu/76

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Ne vous possédant plus quel bien me sera doux ? [1280]


Antigone

Créon, votre seigneur, aura grand soin de vous.


Ismène

Ah ! Ce reproche est juste : il est vrai, je fus lâche.


Antigone

J'ai le regret de dire, et honte qu'on le sache.


Ismène

Mais que vous a produit ce généreux effort ?


Antigone

Tout ce que j'espérais : il m'a produit la mort. [1285]


Ismène

J'vais bien su prévoir le malheur qui vous presse.


Antigone

Eh bien, vivez heureuse avec votre sagesse.


Créon, à part

L'orgueil à toutes deux a troublé la raison,

Et leur extravagance est sans comparaison.


Ismène

Vous-même à votre fils vous l'avez destinée : [1290]

Voudriez-vous rompre, Sire, un si bel hyménée ?


Créon

Il peut pour un manqué, recouvré cent partis.


Ismène

Non pas qui vaillent tant, ni si bien assortis.


Créon

Cherchant cette alliance, il cherchait bien sa perte ;

Je le haïrais bien si je l'avais soufferte. [1295]


Antigone