Page:Jean de Rotrou-Oeuvres Vol.4-1820.djvu/83

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Je n'avancerais rien.

Envers qui ne veut ni ne peut faire bien.


Créon

Ce fol à m'outrager encore persévère !


Hémon

Je vous dirais bien pis si vous n'étiez mon père. [1430]


Créon

Va, cœur efféminé ; va lâche, sors d'ici !


Hémon

Vous voulez donc parler sans que l'on parle aussi ?


Créon

Oui, traître, je le veux, et bientôt pour salaire

De ta présomption va t'apprendre à te taire

Et ne chérir pas tant ce qui m'est odieux. [1435]

Soldats, amenez-la, qu'on l'égorge à ses yeux.


Hémon

Ce ne sera jamais au moins en ma présence

Que l'on accomplira cette injuste sentence.

Faites à vos flatteurs autoriser vos lois,

Et voyez votre fils pour la dernière fois. [1440]


Éphise, voulant le retenir.

Seigneur !


Créon

Laissez, qu'il aille ; il saura, je le jure,

Combien sensiblement me touche cette injure,

Combien il est fatal d'irriter mon pouvoir,

Et pour un fol amour oublier son devoir.