Page:Jean de Rotrou-Oeuvres Vol.4-1820.djvu/94

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Va bientôt ravir et la vie et l'Empire.

Mais qu'en ce discours n'excite aucun souci, [1655]

Et croyez que le gain me fait parler ainsi.

Marche, enfant ; je lui lasse en ce triste présage

Assez d'instruction pour en devenir sage.


Il sort avec son guide.



Scène VI


Créon, Éphise, Cléodamas



Ephise

Sire, il peut s'abuser ; mais depuis qu'en ces lieux

Sa voix rend aux mortels les réponses des dieux, [1660]

Et qu'il envoie au ciel les encens de nos temples,

Les fautes de sons art n'ont pas encore d'exemples.


Créon

Je tremble, je frémis, je demeure interdit,

Et cet effet s'accorde avec ce qu'il a dit.

Opposons la prudence au coup de cet orage ; [1665]

Mais d'ailleurs la prudence offense le courage.

Me rendre lâchement au sentiment d'autrui,

Est trop honteux pour moi, trop glorieux pour lui.


Cléodomas

C'est à vous d'en résoudre avec votre sagesse.


Créon

Je suivrai vos avis ; mais tôt, le besoin presse. [1670]


Ephise

Traitez le sang d'Oedipe avec plus de douceur ;

Mettez le frère en terre, et tirez-en la sœur.


Cléodomas