Page:Jevons - La monnaie et le mécanisme de l’échange.djvu/190

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permis une émission plus considérable de billets, pourvu qu’on payât sur cet excédant une taxe de 5 pour cent. On a voulu par là qu’aucune banque ne trouvât de profit à excéder les limites normales. Il nous semble que cette organisation fonctionnera d’une manière satisfaisante, et qu’elle constitue un perfectionnement sur la méthode anglaise. Sans doute le gouvernement anglais u toujours privé la Banque d’Angleterre des intérêts qu’elle percevait sur l’excédant de billets émis pendant la suspension de l’Acte de 1844. Mais la loi allemande rend élastique dans tous les cas la limite de l’émission, de manière qu’une panique n’est plus à craindre.

7o réserve sur titres.

Il semble qu’il suffise, pour assurer la convertibilité des billets, que les banquiers, en les émettant, prouvent qu’ils possèdent des propriétés considérables sous forme de fonds d’État, d’obligations, de billets du trésor, de rentes, ou même de bons billets de commerçants, le tout en assez grande quantité pour établir la parfaite solvabilité de leur maison. Surtout si on laisse une marge considérable, il peut paraître impossible que les billets ne soient pas finalement payés. Cependant, lorsqu’on raisonne ainsi, on oublie que les billets de banque constituent des promesses de payer en or ou en espèces métalliques ayant cours forcé, et de payer sur présentation, ce qui n’est pas du tout la même chose que de payer finalement. Avec une réserve de cette nature, on ne peut effectuer de paiements considérables qu’en vendant, contre de la monnaie métallique, les bons et les obligations ; or, c’est justement lorsque l’or et l’argent sont rares que les billets sont présentés pour être remboursés. Sans doute des fonds d’État et de bons billets peuvent toujours se vendre à un certain prix, de sorte qu’une maison de banque pourvue de ce genre de réserve pourra toujours conserver sa solvabilité. Mais pour la communauté le remède pourrait être pire que le mal, et la vente forcée de la réserve pourrait causer sur le marché monétaire une perturbation plus dangereuse que la suspension du paiement des billets. Le