Page:Jevons - La monnaie et le mécanisme de l’échange.djvu/31

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


sujet vient de ce qu’on ne remarque pas que la monnaie doit présenter des qualités différentes pour remplir ses différentes fonctions. Le choix de la matière la plus convenable est donc un problème très-complexe, parce qu’il faut prendre en considération l’importance relative des différentes fonctions de la monnaie, les proportions dans lesquelles la monnaie remplit chacune de ces fonctions, et l’importance de chacune des qualités physiques de la substance relativement à chaque fonction. Quand l’industrie est encore dans un état rudimentaire, la monnaie n’a guère d’autre rôle que de circuler entre les acheteurs et les vendeurs. Il convient alors qu’elle soit assez portative, et qu’elle puisse se diviser en fragments de dimensions variées, de manière qu’on puisse sans peine parfaire une somme quelconque ; il faut qu’on la connaisse facilement à ses caractères extérieurs ou au dessin dont elle porte l’empreinte. Mais quand la monnaie en arrive, — ainsi que cela ne tarde pas, — à être employée presque exclusivement comme mesure de valeur et comme valeur type, quand le système d’échanges devient un troc perfectionné, les propriétés précédemment signalées perdent beaucoup de leur importance, et la stabilité dans la valeur, jointe peut-être à la facilité de transport, est la qualité la plus importante. Cependant, avant de nous hasarder à discuter des questions si complexes, nous devons commencer par une discussion préliminaire des propriétés de la monnaie, qu’on pourrait peut-être énumérer ainsi dans l’ordre de leur importance :

1. Utilité et valeur. 5. Divisibilité.
2. Facilité de transport. 6. Stabilité dans la valeur.
3. Indestructibilité. 7. Caractères facilement reconnaissables.
4. Homogénéité.


1. utilité et valeur.

Puisque la monnaie doit être échangée contre des objets qui ont de la valeur, elle doit elle-même posséder de la valeur, et par conséquent une utilité qui serve de base à cette valeur. Une fois que la monnaie a cours on ne la reçoit que pour la faire circuler, de sorte que si l’on pouvait amener tout le monde à prendre, à un certain taux déterminé,