Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 1, éd. Marty-Laveaux, 1868.djvu/176

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gloire ?
Mille serpens rongears en leur memoire,
Mille soucis meslez d’effroyement,
Sans fin desir, jamais contentement :
Dés que le Ciel son foudre pirouëtte,
Il semble ja que sur eux il se jette :
Dés lors que Mars pres de leur terre tonne,
Il semble ja leur ravir la couronne ;
Dés que l peste en leur regne tracasse,
Il semble ja que leur chef on menasse ;
Bref, à la mort ils ne peuvent penser,
Sans souspirer, blesmir, et s’offenser,
Voyant qu’il faut par mort quitter leur gloire,
Et bien souvent enterrer la memoire,
Où celuy-la, qui solitairement
En peu de biens cherche contentement,
Ne pallit pas si la fatale Parque
Le fait penser à la derniere barque,
Ne pallit pas, non, si le Ciel et l’onde
Se rebrouilloyent au vieil Chaos du monde.
Telle est, telle est la mediocrité
Où gist le but de la felicité :
Mais qui me fait en ces discours me plaire,
Quand il convient exploiter mon affaire ?
Trop tost, trop tost se fera mon message,
Et toujours tard un homme se fait sage.

LE CHŒUR.

Strophe.
De la terre humble et basse,
Esclave de ces cieux,
Le peu puissant espace
N’a rien plus vicieux
Que l’orgueil, qu’on voit estre
Hay du Ciel, son maistre.