Page:Joseph Anglade - Grammaire élémentaire de l'ancien français.djvu/21

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  • pérdere > perdre ;
  • pónere > pondre ;
  • tráhere > traire, etc.

Quand, par suite de la chute de la voyelle finale, le mot français n’aurait pu se terminer que par un groupe de consonnes difficile à prononcer, un e sourd à l’origine, plus tard muet ou féminin, se maintient à la finale.

Ex. :

  • templum > temple ;
  • intro > entre ;
  • fratrem > frère (a. fr. fredre) ;
  • patrem > père (a. fr. pedre) ;
  • insimul > ensemble, etc.

Partie protonique du mot.

Quand la partie protonique du mot ne contient qu’une syllabe (amáre, portáre) cette syllabe reste.

Quand la partie protonique se compose de deux ou plusieurs syllabes, cette première partie du mot est considérée, au point de vue de l’accentuation, comme formant un mot isolé : elle a une tonique qu’on appelle contretonique ou accent second[1] et une finale qu’on appelle contrefinale.

Ex. :

  • dórmi-tórium > dortoir ;
  • civi-tátem > cité ;
  • bóni-tátem > bonté ;
  • véri-tátem > verte, fr. mod. vérité, forme refaite.

Les contrefinales sont traitées comme les finales : elles

  1. Cette contre-tonique se trouve sur la deuxième syllabe en remontant à partir de l’accent ; ex : bóni-tátem, véri-tátem; infírmi-tátes, amári-túdinem. La syllabe initiale portait toujours un accent.