Page:Joseph Anglade - Grammaire élémentaire de l'ancien français.djvu/50

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De même que p disparaît dans les groupes pt, pd, b disparaît dans les groupes bt, bs, bv, bm. Ex. : dubitare > dub’tare > douter ; *subitanum, sub’tanum > soudain ; obscurum > oscur ; subvenire > souvenir ; submónere (lat. cl. submonḗre) > semondre, etc.

Dans les mots comme obscur, absent, obstiné, subvenir, observer, etc., le rétablissement du b est dû à une influence savante.


B devenu final passe à f comme p final. Ex. : trabem > tref; sébum > suif; mais le traitement de ce dernier mot est obscur.

Dentales.
T — D


T initial persiste ; le groupe tr également. Terram > terre; trente, trembler, etc.

Tremere, devenu sans doute en latin vulgaire *cremere, a donné criembre en a. fr. et non *triembre; d’où, par suite de l’analogie des verbes en -aindre provenant de -angere, la forme moderne : craindre.


T intervocalique disparaît, après être passé par le stade đ.

Ex. : vitam > viđe, vie ; rotundum > redon, reond, rond ; *metallea> méđaille, meaille, maille[1] (médaille est une forme méridionale); *terratorium > terređoir, terreoir, terroir (prov. terradou). Cf. les nombreux mots en -oir. Les participes passés en -āta, -īta, -ūta donnent ée, ie, üe (parée, finie, venue).

Le maintien du t intervocalique s’explique par l’influence savante dans des mots comme : natif (à côté de naïf, forme populaire), créateur, nature, métal, etc.

  1. Avoir maille à partir = avoir argent à partager.