Page:Joseph Marchand - L'Université d'Avignon aux XVIIe et XVIIIe siècles.djvu/195

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CHAPITRE IV

LES ÉTUDIANTS


Condition des étudiants avignonais ; ils sont exclus du gouvernement du studium. — Les sept collèges d’Avignon ; leur autonomie ; leur régime intérieur ; ils échappent de plus en plus à la surveillance des autorités universitaires. — Nombre et origine des étudiants de chaque Faculté aux xviie et xviiie siècles. — Progression subite et imprévue de l’effectif des étudiants en droit. — La confrérie de Saint-Sébastien ; ses origines ; ses transformations ; le recteur et l’abbé des étudiants.


Les anciennes corporations universitaires comprenaient, comme on sait, deux éléments, les maîtres et les écoliers. Mais ces deux éléments si nettement séparés dans nos Facultés modernes, on les distinguait à peine l’un de l’autre dans les Universités primitives. Ni l’âge, ni la nature des grades, ni même les fonctions que chacun remplissait dans la corporation, n’établissaient entre les étudiants et les professeurs une ligne de démarcation bien tranchée. Ne pouvait-on pas professer dès vingt-un ans ? Ne fallait-il pas avoir lu pendant cinq ans pour devenir bachelier ? Pour chaque nouveau degré les règlements n’imposaient-ils pas un stage dans une chaire magistrale ? Dans les examens enfin, les gradués de tout genre et de tout âge ne pouvaient-ils pas prendre part à la discussion au même titre que les professeurs ?

Il y a plus. Dans un grand nombre d’Universités, c’était aux étudiants qu’appartenait la direction du studium. Ils étaient le nombre ; ils conquirent l’autorité. Les chefs élus par eux et parmi eux devinrent un moment tout puissants.