Page:Joseph Reinach - Histoire de l’Affaire Dreyfus, La Revue Blanche, 1901, Tome 1.djvu/352

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Soldat dans l’âme, avec quelques-unes des grandes qualités d’un chef, il concentre, à la veille de la bataille, toutes ses forces. Il les lui faut fraîches, vigoureuses, pour les lancer au combat. Il s’attendrit à peine que sitôt il se redresse :

« Comme tu dois souffrir ! Je me l’imagine, en comparant ta souffrance à celle que j’éprouve moi-même de ne pouvoir te voir. Mais il faut savoir se roidir contre la douleur, se résigner et conserver toute sa dignité… Montrons que nous sommes dignes l’un de l’autre, que les épreuves même les plus cruelles, même les plus imméritées, ne sauraient nous abattre. »

Voilà l’homme. Quelle force perdue !