Page:Joseph Reinach - Histoire de l’Affaire Dreyfus, La Revue Blanche, 1901, Tome 1.djvu/528

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rations[1]. Le directeur du Dépôt, faisant inscrire au greffe le nom de Dreyfus, observa qu’il était triste d’avoir à faire suivre de la mention d’un tel crime le nom d’un officier français. « Je comprends votre indignation, dit Dreyfus, mais je suis innocent[2]. » En partant, il le répéta encore et dit qu’il avait confiance en Dieu[3]. Vers midi, il arriva à la prison de la Santé et fut conduit à une cellule.

Cependant, dans la cour de l’École militaire, les régiments défilent devant le général, dans le cliquetis des armes, au son de la marche de Sambre-et-Meuse, acclamés par la foule.

  1. Journal du 6 janvier.
  2. Ce directeur s’appelait Durlin. Il raconta le fait à son collègue Pons, directeur de la Conciergerie, et à l’inspecteur général Fournier. (Cass., I. 405, Fournier ; II, 147, lettre de Dupuy, président du Conseil, au ministre de la Guerre.) Le fait est mentionné le soir même par la Liberté (5 janvier 1895).
  3. Durlin répondit : « C’est beaucoup, sans doute, mais ce n’est pas suffisant sur terre. » (Cass., II, 147, lettre de Dupuy au ministre de la Guerre).