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JOURNAL DE MARIE LENÉRU

Lundi 28 février.

Aujourd’hui, je suis allée me confesser avec Fernande et maman ; je crois que j’ai fait des progrès, et j’en Suis bien contente : voilà assez de temps que j’aurais dû en faire.

Nous avons aujourd’hui composé en style ; le sujet n’était pas bien amusant : la description du café ; enfin, je crois que je ne m’en suis pas trop mal tirée.

L’autre jour, je m’étais arrêtée dans mon récit de la journée, aussi vais-je le reprendre. Nous sommes donc allées cette journée à Palavas, où nous nous sommes bien amusées et d’où j’ai rapporté des pierres et des coquillages.

Je trouve que j’ai beaucoup de mérite, parce que mon journal m’assomme ! que j’aimerais bien mieux lire les Quatre Filles du Docteur Marsch, que je suis même montée les chercher et en redescendant j’ai continué mon journal. Maintenant, il est vrai que je n’en ai pas dit bien long, mais je quitte pour lire.

Mercredi 2 mars.

Aujourd’hui, nous avons eu M. Cabane ; enfin, il n’a pas été trop ennuyeux. La leçon était sur Molière. Il m’a interrogée sur l’Avare. C’était de la chance; j’ai eu 9. Quant à mon Histoire, je me suis mise à la fin pour ne pas la réciter, car je ne la savais pas très bien. J’ai fait la désolée et, à vrai dire, j’étais enchantée.

Je crois qu’à part cette espèce de petit mensonge d’aujourd’hui, et j’en suis même sûre, je n’ai pas menti depuis ma confession. Ah ! si, pourtant ! Le jour même, j’ai dit que j’avais écrit ma composition de style aussi serré qu’une certaine chose que j’avais montrée à maman, et pas du tout ; je n’avais pas du tout écrit comme cela. Mais quel besoin a-t-on de mentir ? C’est assommant ! À quoi ça me servait-il ? Il faut absolument que je me corrige. Fernande qui croit même ne pas avoir exa