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JOURNAL DE MARIE LENÉRU

Gabrielle B. de B. a copié une comédie que nous devons jouer sur le Cours[1] ; elle s’appelle La Journée de la Princesse, ce sera très amusant.

Jeudi 30 juin.

Gabrielle m’a donné sa comédie pour que je copie mon rôle ; je fais une grande-duchesse.

Je suis assez contente de ma journée d’hier, quoique je me sois assise sur un banc et que maman me le défendait. Combien la Sainte Vierge devait être heureuse ! quand je pense que dans toute sa voie, elle n’a pas commis un seul péché.

Mon petit morceau de Schumann commence à très bien venir. Maman dit que je ne le jouerai pas mal du tout.

Hier, j’ai bien ri ; j’ai été acheter des bonbons au vieux bonhomme : je lui ai demandé de me donner des roses, il me donne des blancs ; je lui répète : « Non, des roses » — alors il me met des violets. Henriette qui était là, me souffle qu’il ne sait pas ses couleurs. Je pars d’un formidable éclat de rire ; le pauvre vieux me regarde, et pour ne pas qu’il croie que ce soit de lui que je riais, j’ai dit à Henriette : « Veux-tu bien ne pas faire tant de grimaces. »

Vendredi 1er juillet.

Voilà donc un nouveau mois qui commence ; je veux prendre de bonnes résolutions, et pour tâcher de bien les suivre, je lirai dans le livre de Mme de Flavigny le règlement de vie pour le mois. Je compte aujourd’hui entrer à l’église pour mettre mon mois sous la protection du Ciel et pour tâcher de me bien préparer à une communion que je voudrais faire le 15 août ; mais si je ne me trouve pas assez bien préparée, je ne le demanderai pas à maman. Je suis bien contente de pouvoir commencer ce mois en disant dans mon journal qu’hier, j’ai fait une

  1. Cours d’Ajot.