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JOURNAL DE MARIE LENÉRU

Vendredi 8 juillet.

J’oubliais littéralement de faire mon journal ; il est vrai qu’il m’ennuie énormément ! je ne sais que dire. Je suis contente de moi au moral et j’espère que ça continuera. Je quitte pour aller au piano. J’étudie l’accompagnement de Dites, la jeune belle, où voulez-vous aller ?

Dimanche 10 juillet.

Hier, j’ai complètement oublié de faire mon journal. Ce n’était pas par paresse, dame ; mais j’ai complètement oublié. C’est égal, comme avant j’avais fait un devoir très long et si, après, j’avais fait mon journal, mon poignet s’en serait peut-être ressenti. Ce matin, nous sommes allées à la messe ; j’avais ma messe que pendant l’évangile. C’est insupportable d’être comme cela, enfin, dimanche prochain, nous verrons.

Maman me lit les Girondis alors je laisse ; c’est-à-dire non, je continue, parce que maman m’a dit que si je ne continuais pas, elle ne me laisserait pas mon petit thé de porcelaine de Saxe que tante Gabrielle m’a donné et qu’Alexandrine est en train de chercher ; et comme j’en ai une envie bleue, je continue donc, mais je ne sais pas que dire.

Je m’occupe plus que jamais de ma collection de timbres ; j’ai changé à Amélie Gautier un timbre des États de l’Église pour un timbre du Pérou et un autre de Suisse ; maman avait reçu d’une carte de Mme Bertin deux timbres du Japon ; j’en ai changé un à Gabrielle, mais elle ne me l’a pas encore rendu.

Marie de Champeaux m’a promis un timbre du Japon rose ; j’ai hâte qu’elle me l’apporte.

Lundi 11 juillet.

Maman m’a donc laissé mon petit thé, il est ravissant et très complet ; il y a une cafetière, une théière, un pot à lait, un