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SUR LA RÉCITATION PRIMITIVE DES TEXTES BOUDDHIQUES.

pendant la plus grande partie de la nuit ; quand minuit fut passé et qu’on fut entré dans la seconde partie de la nuit, le Bouddha dit à Kotikarna : Ô moine, psalmodiez ! Kotikarna émit des sons subtils et récita les sûtra du Pàrayana et du Satyadarsa (po-lo-yen sa-tchô-t’o-chô sou-tou-lou). Quand il eut fini, le Bouddha le loua en disant : Très bien, ô moine ; vous déclamez bien la Loi ; vous savez déclamer avec la prononciation du pays d’Avanti ; votre élocution est parfaitement claire et nette ; elle est parfaitement facile à comprendre. Ô moine, vous aimez à étudier, vous aimez à psalmodier. Le Bouddha, qui savait ce qui en était, lui demanda : Pourquoi êtes-vous entré si tard en religion ? Kotikarna répondit : Maître, je connaissais depuis longtemps les maux que causent les désirs, mais pour quelque raison provenant d’une cause antérieure, je n’avais pu sortir du monde. Il prononça alors ces stances (1) : « Quand il a vu le péché dans le monde, quand il a vu la Loi, il ne se plaît pas dans les entraînements (âsrava) ; le noble ne se plaît pas dans le mal ; le méchant ne se plaît pas dans le bien.

« Quand il a vu définitivement le suc de la Loi, le suc de la Loi met fin aux passions ; dégagé des brûlures, sorti de tous les maux, il obéit à la Loi, il se réjouit au suc de la Loi. »

V. Mss. — Le Vinaya des Mahîsâsaka, préservé dans la traduction chinoise (Mi-cha-se pou ho hi Ou fen lin = pañcâ-

(1) j’ai modifié la traduction de ces vers telle que l’avait donnée M. Chavannes, grâce aux textes correspondants que j’ai pu retrouver. J’ai déjà signalé plus haut que la première stance se retrouve en pali dans l’Udâna, où elle est rattachée aussi à l’histoire de Kotikarna. Elle reparait ici associée à une autre stance qui a été recueillie en pâli dans le Sutta Nipâta, v. 257 :


pavivekai’asaih pîtvâ rasam upasamassa ca
niddaro hoti nippâpo dhanimapîtirasam pivan.


Les deux stances se retrouvent réunies dans l’Udânavarga, XXVIII, 4 et 5. Les circonstances ne me permettent pas de me reporter aux originaux rapportés