Page:Journal du voyage de Vasco da Gama.djvu/19

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géographiques recueillies principalement chez les Arabes[1], et où l’on apprenait l’usage des instruments nautiques pour calculer le temps et prendre la hauteur du pôle. Déjà germait dans ce grand cœur le projet de résoudre, par la circumnavigation de l’Afrique, le problème fameux que l’antiquité nous avait légué, et que les arabes avaient laissé intact, malgré leur esprit d’entreprise et l’étendue de leurs relations maritimes. Ce fut le prince Henri qui prépara, par son initiative, la découverte de Gama, et qui ouvrit à la nation portugaise la carrière magnifique qu’elle a remplie si glorieusement. En 1432, Gil Ænnes, l’un de ses amiraux, atteignait pour la première fois le cap Nun, et, l’année suivante, il doublait le cap Bojador ; seize ans plus tard, le cap Blanc était reconnu par Nunes Tristan ; enfin, en 1455, Denis Fernandes s’avançait jusqu’à la hauteur du cap Vert. La découverte de ce promontoire, vestibule du pays des Nègres, fut la dernière qui récompensa les efforts persévérants du prince que l'histoire a justement surnommé le Navigateur ; mais l’impulsion était donnée et ses successeurs la suivirent. L’Océan, dépouillé de ses mystères, n’inspirait déjà plus les mêmes terreurs ; les navires portugais s’élançaient hardiment dans la haute mer, en se guidant sur les étoiles, au lieu de raser timidement la côte, comme on le pratiquait dans l’origine ; tout enfin se préparait pour de plus importantes découvertes.

Sous le règne d’Alphonse V, les expéditions maritimes, un moment interrompues par la croisade contre les Turcs, reprirent avec une nouvelle ardeur. Les Portugais franchirent pour la première fois l’équateur et


  1. Voyez, sur les connaissances géographiques des Arabes et sur la part qui leur revient dans les grandes découvertes du quinzième siècle, la savante Introduction à la Géographie d’Aboulféda, par M. Reinaud, et le Discours préliminaire qui sert d’introduction à la Relation des voyages exécutés dans l’Inde et à la Chine par les Arabes et les Perses dès le neuvième siècle de l’ère chrétienne. (Paris, 1845 et 1848.)