Page:Kant - Anthropologie.djvu/62

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que chacun sait qu’il n’y a pas là de cordialité; mais il est très bon qu’il en soit ainsi dans le monde. Car les hommes en jouant ce rôle excitent réellement en eux, et d’une manière insensible, les vertus qu’ils n’ont fait qu’afficher pendant longtemps y et les font pénétrer dans le sentiment. — Mais tromper le trompeur en nous, l’inclination, c’est de nouveau se soumettre à la loi de la vertu, ce n’est pas tromper, c’est se faire une innocente illusion.

Le dégoût de sa propre existence, par suite de l’absence de sensations que l’âme recherche incessamment , constitue ce qu’on appelle le temps long, dans lequel on sent toutefois le poids de l’oisiveté, c’est-à-dire de l’éloignement pour toute occupation qui pourrait s’appeler travail et chasser l’ennui; cette paresse est accompagnée d’une certaine souffrance, sentiment très désagréable, qui a pour cause l’inclination naturelle pour le loisir ( repos que ne précède aucune fatigue). — Mais cette inclination est trompeuse, même par rapport at»x fins dont la raisou fait une loi à l’homme pour être content de lui-même, lorsquil ne fait absolument rien (lorsqu’il végète sans but), sous prétexte qu’alors cependant il ne fait point de mal. Tromper cette inclination (ce qui peut avoir lieu par la culture des beaux-arts et surtout par la conversation amicale), s’appelle passer le temps (tempus faU 1ère); expression qui trahit déjà le dessein de tromper jusqu’à l’inclination pour un repos désœuvré, lorsque l’esprit est amusé par la culture peu sérieuse des beaux-arts, et même lorsque la culture de l’esprit