Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T1.djvu/307

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lettre à Caron. L’épisode se résume en ceci que, tout en se trouvant en antagonisme avec le sous-préfet qui appartenait au parti gouvernemental, tandis que les Dudevant appartenaient aux bonapartistes qui s’étaient joints aux libéraux dans cette occasion, Aurore n’était cependant pas moins en relations d’amitié avec le sous-préfet M. de Périgny et avec sa femme. En ne faisant pas la moindre attention aux sottes distinctions provinciales entre les classes et les cercles, les Périgny et Mme Dudevant soulevèrent toute la « haute société de La Châtre » par les invitations qu’ils lancèrent sans distinction à tout le monde. Le « monde » les punit en cessant d’aller chez eux, et il arriva même, un soir, que trois personnes seulement, dont l’une était Aurore, se trouvèrent chez Périgny. Ceux-ci fermèrent leur salon, mais Aurore prit sa revanche en écrivant, avec Dutheil, leur ami commun, une chanson humoristique, où elle raillait toute l’aventure, ce qui déchaîna toute la ville contre elle et ses amis, mais elle augmenta sa liste des invitations à la « seconde société », ses soirées furent très animées et très fréquentées et quelques soupers et dîners suffirent pour tout pacifier.

Cet épisode s’est-il passé en 1827 ou en 1829[1] ? C’est ce qu’il est difficile de décider, et nous n’osons prendre sur nous de dire si l’erreur se trouve dans l’Histoire ou dans la Correspondance, car les Dudevant passèrent à La Châtre une grande partie des trois hivers de 1826-1827, 1827-1828, 1828-1829 ; ils y passèrent toujours, du moins, le carnaval, et, chaque fois, d’une manière très gaie, donnant des dîners et des soirées, fidèles, comme on le voit, à leur ancienne coutume de rechercher le monde. Les Lettres

  1. À en juger par une lettre inédite de Casimir Dudevant à Caron, cela a bien dû se passer en 1829.