Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/214

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Je ne parle pas des peines que se donnent les mondains pour contenter leurs passions : je parle des seules miseres, qui par un effet de la malediction commune, affligent generalement tous les hommes, & dont mon ame est si accablée, que quelque effort qu’elle fasse, elle se trouve dans l’impuissance de goûter la vraye liberté d’esprit.

O Dieu de toute consolation, rendez-moi fades & ameres les voluptez de la chair, qui me paroissent si douces, que pour un plaisir d’un moment, je ne crains point de renoncer à un bonheur éternel.

Faites que jamais je ne me laisse ni amollir par trop de tendresse pour la chair & le sang, ni charmer par une gloire passagere que le monde me promet, ni surprendre par les artifices du malin esprit.

Donnez-moi des forces pour combattre, de la patience pour souffrir, de la constance pour perseverer.

Répandez au lieu de la fausse joye du siécle, la douce onction de votre Esprit dans mon cœur ; & au lieu de l’amour charnel, remplissez-le de vôtre divin amour.

C’est à un homme fervent & spirituel un pesant fardeau, que le soin du vivre, du vétir, & de tout ce qui est necessaire au corps.

Faites-moi la grace d’en user toû-