Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/289

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tion désordonnée que vous avez pour vous même, pour vos propres commoditez, ou pour quelque bien materiel que ce puisse être.

Quiconque a pu vaincre l’amour propre, a presque tout fait, puisqu’il à coupé la racine de tous les vices ; & le fruit de sa victoire et une paix que rien ne sçauroit troubler.

Mais comme il y a peu de gens qui s’efforcent de mourir entierement à eux-mêmes ; aussi la plupart demeurent tellement esclaves de leurs passions, que jamais l’esprit ne l’emporte sur la chair.

Il faut donc que ceux qui veulent entrer dans ma familiarité, se défassent de leurs affections déreglées, & qu’ils prennent garde à ne s’attacher en particulier à aucune créature.


CHAPITRE LIV.
Des divers mouvemens de la Nature & de la Grace.
Le Maistre.

MOn fils, ayez soin de bien remarquer les mouvemens toûjours opposez de la nature & de la grace.

Car ils sont presque imperceptibles, & à peine les personnes les plus spirituelles sont-elles capables de les distinguer.

A parler en general, tous veulent le bien ; il n’y a personne qui ne se propose quelque bien dans tout ce