Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/290

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qu’il dit, & dans tout ce qu’il fait ; mais on est souvent ébloui par le faux éclat d’un bien apparent.

La Nature est artificieuse ; elle trompe une infinité de gens, qu’elle attire, qu’elle engage, qu’elle fait tomber insensiblemene dans ses piéges ; & jamais elle n’a pour but que de se contenter elle-même.

La grace au contraire n’impose à personne ; elle est simple & ennemie de toute force de déguisement ; tout ce qu’elle fait, elle le fait purement pour Dieu, & c’est en Dieu, comme en la derniere fin, qu’elle se repose.

La Nature ne veut point mourir, ni se faire de violence, ni avoir le deshonneur d’être vaincuë, ni obéir, ni vivre dans la sujettion.

Mais la grace s’étudie à l’abnégation de soi-même, elle reprime la sensualité, elle aime l’obéissance, elle céde volontiers aux autres, elle s’interdit elle-même l’usage de sa liberté, elle se plaît à garder une exacte discipline : bien loin de vouloir dominer ; elle suit en tout la divine volonté ; & est toûjours prette à se soumettre à tous les hommes pour l’amour de Dieu[1].

La Nature ne travaille que pour ses propres interêts, & ne cherche qu’à s’enrichir aux dépens d’autrui.

La Grace regarde plûtôt le bien

  1. 1. Pet. 2. 13.