Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/295

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car elle ne voit en tout cela que des marques de l’ancienne corruption de nôtre nature ; outre qu’à vrai dire, il n’y a rien de nouveau ; comme il n’y a rien de constant & de durable sur la terre.

Elle enseigne donc à combattre la sensualité, à fuir le faste & la vaine gloire, à cacher par humilité les actions les plus grandes & les plus admirables, à avoir toûjours en vūë, non de paroître sçavant, mais de profiter en vertu, & d’avancer la gloire de Dieu.

Elle ne dit rien à son avantage, ni ne vante point ce qu’elle a de bon ; elle souhaite seulement que Dieu, qui par une pure charité, répand les benedictions sur l’homme, en soit beni à janais.

Cette divine Grace est une lumiere surnaturelle, & un don tout particulier du Ciel ; c’est le caractere des Predestinez ; c’est le gage le plus certain du salut.

C’est elle qui apprend aux hommes à préferer les biens du Ciel aux biens de la terre, & qui de grossiers, qu’ils sont, les rends spirituels.

On reçoit donc une plus grande abondance de graces, à proportion qu’on fait plus d’effort pour vaincre & assujettir la nature. Ainsi l’homme intérieur se réforme & se perfectionne de jour en jour, par de nou-