Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/35

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dégoûte si-tôt qu’on la vûë.

Nous nous imaginons quelquefois plaire à ceux que nous pratiquons, & à peine peuvent-ils nous supporter ; tant ils découvrent en nous de foiblesses & de défauts.


CHAPITRE IX.
De l’Obéissance.

C’Est quelque chose de grand que de pouvoir vivre toujours sous l’obéissance, & de renoncer tout-à-fait à la liberté.

Il est bien plus sûr d’obéïr que de commander.

Plusieurs obéïssent plûtôt par contrainte que par amour ; & ceux-là souffrent beaucoup, & murmurent pour peu de chose.

Jamais ils n’auront la vraye liberté d’esprit, s’ils ne se soûmettent purement pour Dieu, & de tout leur cœur à l’obéissance.

En quelque endroit que vous alliez, vous ne trouverez de parfait repos que dans une humble soûmission à la conduire d’un Superieur.

Beaucoup de gens ont été trompez, en s’imaginant que le changement de demeure leur rendroit la paix du cœur.

A la verité chacun est bien aise de se gouverner à sa fantaisie, & il aime ceux qui donnent le plus dans son sens.

Mais s’il est conduit par l’Esprit