Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/36

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leur, il voulut continuer à fuir ; mais bientôt les forces lui manquèrent, il s’affaissa au pied d’un arbre. Ses ennemis le trouvèrent là et lui demandèrent : « Êtes-vous Boishardy ? » Sur sa réponse affirmative, ces lâches le percèrent de coups de baïonnettes. Enfin, voulant s’assurer si leur victime était bien réellement Boishardy, ils amenèrent, pour constater la vérité, le traître serviteur.

Celui-ci ne tarda pas, du reste, à payer de sa vie sa lâcheté : il fut saisi et fusillé peu de jours après.

Sur l’affirmation de ce misérable, ils coupèrent la tête du vaillant chef des Chouans et la promenèrent comme un trophée dans les rues de Moncontour[1] et de Lamballe. Voilà le sort que ces hommes, misérables calomniateurs de leurs adversaires, leur faisaient subir, lorsque ceux-ci tombaient entre leurs mains. Ce sauvage traitement, exercé contre le plus brave et le plus généreux de leurs ennemis, démontre une fois de plus la cruauté des républicains durant cette guerre, malgré les affirmations d’historiens trop peu soucieux de la justice et de la vérité.

Quant à Mlle de Kergadiou, elle arriva à Boscenit

  1. Mme Latimier du Clésieux, la mère des deux hommes distingués que nous connaissons tous, MM. les comtes Auguste et Achille du Clésieux, connaissait le chef royaliste ; elle m’a dit se souvenir que la tête sanglante de l’héroïque Boishardy avait été portée sous ses fenêtres.