Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/65

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En même temps, on arrêtait Mme Le Gris à Saint-Brieuc ; à Boscenit, les domestiques ; à Kerigant, mon père, ma mère et leurs serviteurs ; des chefs de cantons, des amis, en tout quarante personnes. Parmi les chefs de cantons se trouvaient MM. Le Helloco (Yves) ; Séverin (Thomas) ; Dutertre ; Hervé du Lorin père et fils ; Lamandé, etc.

Cette arrestation avait pour prétexte la dénonciation du Prussien Méraiss[sic], dont j’ai parlé à propos de la surprise du manoir de Kerigant. Cet homme, lors de la conclusion de l’armistice, était retourné à Kerigant, où il avait naguère séjourné pendant plusieurs mois. Après quelques jours de repos, Méraiss s’était mis en route pour retourner dans son pays. Or, en traversant la petite ville d’Uzel, à environ huit à dix kilomètres de Kerigant, son air embarrassé, son accent étranger ayant inspiré de la défiance, il fut arrêté et conduit à Saint-Brieuc. Là, on le considéra comme déserteur ; mais, espérant obtenir sa liberté, il fit connaître aux autorités républicaines certains détails sur les Chouans et révéla ce dont il avait été témoin dans les familles Le Gris et de Kerigant.

    à Rennes, qui furent chargés de défendre les prévenus. Ce mémoire, écrit partie par M. Lanjuinais, partie par M. Le Grand, est entre mes mains. M. Le Grand était grand-père de M. Glais-Bizoin, ancien député des Côtes-du-Nord.