Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/82

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liberté d’aborder une pareille matière, sans rendre un vif hommage de respect à la Constitution que nous jurons sans cesse et qui n’en est pas mieux observée. En matière emportant peine afflictive ou infamante, elle n’admet que le jugement par jurés ; elle ne connaît d’exception que pour l’armée de terre et de mer, art. 237 et 290. Or, il s’agit d’une femme et de deux citoyens qui n’ont jamais fait partie de l’armée et qui sont jugés, sous la Constitution, par un conseil de guerre ! Ils sont jugés et condamnés : deux à la déportation, un à mort ; ils vont subir leur supplice, à moins qu’ils ne prouvent l’incompétence de leurs juges, d’après des lois de circonstance, et qui paraissent plus fortes que la loi des lois !

» Heureusement, cette tâche, accablante, pour des républicains, est, en elle-même, bien facile à remplir, surtout à l’égard de Louise Le Texier, femme Le Gris, et du citoyen Garnier-Kerigant. Il ne faudrait pour cela que lire le considérant du jugement qui concerne ces deux personnes, il parlera mieux que tout ce que l’on pourrait dire. “Considérant que les délits dont ils sont prévenus ne sont prévus par aucune loi, si ce n’est celle du 29 nivose[sic] dernier, postérieure aux faits dont ils sont convaincus. Considérant que dans les circonstances où