Page:Kipling - Au hasard de la vie, trad. Varlet, 1928.djvu/32

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Strickland, et lorsqu’il fut malade de la fièvre elle causa beaucoup d’ennuis aux médecins, car elle ne savait comment secourir son maître et refusait de laisser personne lui apporter son aide. Macarnaght, du corps médical des Indes, fut obligé de lui cogner sur le crâne avec un fusil, pour lui faire comprendre qu’elle devait céder la place aux gens qui administrent la quinine.

Peu de temps après que Strickland eut loué le bungalow d’Imray, mes occupations m’amenèrent dans cette garnison, et comme de juste, les logements du club étant pleins, je me logeai chez Strickland. C’était un agréable bungalow, pourvu de huit chambres et d’un toit de chaume épais qui le mettait à l’abri de toute infiltration pluviale. Sous le vide du toit s’étalait une toile de plafond, qui avait tout aussi bon air qu’un vrai plafond à la chaux. Le propriétaire l’avait fait repeindre lorsque Strickland était entré dans le bungalow ; et il fallait savoir comment est fait un bungalow des Indes, pour soupçonner que par-dessus la toile s’étendait la sombre caverne pyramidale du toit, où les poutres et la face inférieure du chaume donnaient asile à toute espèce de rats, chauves-souris, fourmis et autres bêtes.

Tietjens m’accueillit dans la véranda par un aboiement semblable au bourdon des cloches de Saint-Paul, et me posa ses pattes sur l’épaule, et se déclara enchantée de me voir. Strickland était parvenu à organiser cette espèce de repas qu’il dénommait lunch, et dès que nous en eûmes fini, il s’en alla à