Page:Kipling - Au hasard de la vie, trad. Varlet, 1928.djvu/91

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

Je rentrais en voiture dans le crépuscule, et tournai vivement le coin de la vigne de Naboth. Je m’en aperçus trop tard : déjà les chevaux de mon phaéton se débattaient les pieds pris dans un treillage de bambou des plus robustes. Les deux bêtes s’abattirent. L’une d’elles se releva avec les genoux simplement couronnés. L’autre était si mal en point que je fus forcé de l’abattre.

Naboth est parti à cette heure, et sa cabane restituée à la terre originaire avec des bonbons en guise de sel pour montrer que le lieu est maudit. J’ai fait bâtir un kiosque d’été pour dominer le bout du jardin, et c’est sur ma frontière comme un fort d’où je garde mon empire.

Je sais exactement ce que dut ressentir Achab. Son caractère a été honteusement défiguré par l’Écriture.