Page:Kipling - Du cran.djvu/94

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William crut que le mieux était de se refaufiler dans son couvert aussi loin qu’il pouvait, avant que La Crevette l’appelât pour retravailler. Il n’était pas Scout d’instinct, mais son oncle lui avait appris que quand les choses allaient mal de par le monde, on le faisait généralement retomber sur le dos d’autrui. Il ne tarda pas à s’entendre appeler par son nom, aigrement, plusieurs fois. Il sortit en rampant de l’autre extrémité de la pièce de fougère, en se frottant les yeux, et La Crevette le réasservit sur-le-champ. Pour une fois dans sa vie William se montra dégourdi et intelligent, mais La Crevette ne lui adressa pas le moindre compliment ; pas plus lorsque les Pélicans tout crottés rentrèrent de faire leurs ponts La Crevette ne fit-il allusion à la visite de Mr. E. M. Marsh et Fils, Boulangers et Confiseurs dans la rue du village, juste de l’autre côté du mur du Parc. Pas plus, à cause de cela même, ne servit-il aux Pélicans guère autre chose que de la viande de conserve pour leur repas du soir.

Dire que William ne ferma pas l’œil cette nuit-là serait ce qu’on appelle « surfaire la nature » ; ce qui est une faute. Son système récla-