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le second livre de la jungle

boyait au soleil l’ankus de rubis et de turquoises.

— La chose va vite en besogne. Tout se termine ici, dit Bagheera. Comment ceux-ci sont-ils morts, Mowgli ? Ils ne portent ni marque ni meurtrissure.

Un habitant de jungle arrive à en savoir, par expérience, aussi long que la plupart des médecins sur les plantes et les baies vénéneuses. Mowgli flaira la fumée qui montait du feu, rompit un morceau de pain noirci, le goûta, et, le recrachant :

— La pomme de mort, toussa-t-il. Le premier a dû la mêler aux aliments destinés à ceux qui l’ont tué comme ils avaient tué d’abord le Gond.

— Bonne chasse, en vérité ! Les meurtres se suivent de près, dit Bagheera.

La « pomme de mort » est le nom que la Jungle donne à la pomme épineuse ou datura, le poison le plus prompt de toute l’Inde.

— Et quoi, maintenant ? dit la Panthère. Allons-nous nous entretuer, toi et moi, pour cet égorgeur à l’œil rouge, là-bas ?

— Parle-t-il ? murmura Mowgli. L’ai-je offensé en le jetant ? Entre nous deux, il ne peut faire de mal, car nous n’avons pas les mêmes désirs que les hommes. Si on le laisse ici, il continuera certainement à tuer les hommes, l’un après l’autre, aussi