Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/112

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nues dans un de ces malheureux momens ; je craignais de me voir exposé à cette petite mortification… Et puis, je vous croyais toujours dans le même état où je vous avais laissée… Tous les jours je roulais dans ma tête le projet d’aller vous rejoindre, et voilà comme, de mois en mois, de jour en jour, le temps s’est écoulé… Me pardonnez-vous, ma bonne mère ?


Wilhelmine, l’embrassant.

Viens ! que je scelle ton pardon !… Je te revois… Pense-t-on qu’un malheur ait existé quand il n’est plus ? Tu as donc demandé un congé ?…


Frédéric.

Pour deux mois seulement, et cela pour certaine raison… Mais vous avez besoin de moi… plus de service… plus d’absence… je reste.


Wilhelmine.

Non, mon ami, la douceur de te revoir, le plaisir de t’avoir embrassé, vont me rendre la santé. Je retrouverai mes forces, et pourrai me remettre à travailler comme auparavant… Tu pourras repartir. Tu poursuivras une carrière, où, avec du cœur et le sentiment de l’honneur, on peut faire son chemin. Tu as, dis-tu, demandé un congé, pour certaine raison… Puis-je la savoir, cette raison ?


Frédéric.

Tenez, ma mère, je m’en vais vous la dire… Lorsque je vous quittai, oh ! bien tristement, il y a cinq ans ; vos bontés m’avaient fourni de tout…