Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/114

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Burchel, me dit-il, je vois avec peine la façon dont tu te conduis… Tu me mets souvent dans la nécessité de te punir, et c’est toujours malgré moi ; car tu es un brave garçon d’ailleurs. Tu fais bien ton service, et sur cet article… je n’ai rien à dire… mais tu as malheureusement la tête un peu près du bonnet : tous les jours tu te querelles avec tes camarades, et cela n’est pas bien. Ton caporal m’a dit un mot touchant le motif de ces fréquentes disputes… et je veux y mettre une fin… Je te donne un congé de deux mois… Va-t-en chercher ton extrait baptistaire, et reviens au temps prescrit… Ô ma mère ! comme dans ce moment votre image vint se peindre à mes yeux ! je ne vis plus que vous… je ne sentis plus que le bonheur de m’approcher de vous… et dans l’excès de ma joie je ne pus trouver de termes à exprimer ma reconnaissance… Mon capitaine me sut gré de mon embarras… Il en loua le motif, et me serrant affectueusement la main, il me donna une pièce de six francs… tiens, mon garçon, me dit-il, sois toujours bon enfant… Conduis-toi sagement, ne perds point ton temps, pars. J’obéis, je partis, et me voilà.


Wilhelmine, dont l’embarras a toujours redoublé pendant ce récit.

Tu es donc venu, pour… chercher… ton extrait baptistaire.


Frédéric.

Oui.