Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/115

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Wilhelmine, sanglottant.

Malheureux ! Wilhelmine !


Frédéric.

Ciel ! qu’avez-vous, ma mère ?… parlez.


Wilhelmine

Je ne saurais… Je… je ne puis te le donner.


Frédéric.

Non ! Et pourquoi ? quelle raison ?


Wilhelmine

Tu es… Ô mon courage ! soutiens-moi… Tu es le fruit d’une union que les lois n’ont point jugée légitime ; je ne suis point mariée…


Frédéric, s’arrachant de ses bras.

Grand Dieu !… Vous n’êtes point mariée ;… et moi, malheureux enfant !… qui suis-je ?… qui donc est mon père ?


Wilhelmine

Ah ! cache-moi ce regard qui m’atterre… je ne puis le supporter…


Frédéric, se jettant à ses pieds.

Ma mère ! pardonnez… pardonnez à votre fils… Il n’est point malheureux… Vous lui restez… Mais quel sera son sort !… Qui donc est mon père ?


Wilhelmine

Lorsque tu partis, il y a cinq ans… tu étais trop jeune pour qu’un pareil secret pût t’être découvert… Mais le moment est venu où il faut rompre enfin un silence cruel… Le moment est venu où mon fils va devenir mon confident et