Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/120

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présenter à moi dans l’appareil le plus respectable… je crus entendre cette Voix qui m’avait si souvent persuadée, me dire :… Qui es-tu pour disposer de toi ?… à qui sont tes jours pour que tu aies le droit de les abréger ?… apprends à souffrir puisque tu l’as mérité… Saisie d’effroi… je me sentis réveillée comme d’un long assoupissement ; tremblante… étonnée, je reculai deux pas… Recueillant toutes mes forces, j’attendis que le jour parût, pour me rendre chez lui… Il me reçut avec bonté… ne m’accabla point de reproches… Ma fille, me dit-il, le ciel est ouvert à celui qui sincèrement se repentit de ses fautes… repentez-vous et ne désespérez jamais des bontés divines… Ici, dans ce village, vous ne pouvez séjourner plus long-temps… Mais tenez… (en me mettant quelqu’argent dans la main) prenez ceci… prenez aussi cette lettre… allez vous-en à la ville… remettez-là à la personne à qui elle est adressée… C’est une bonne et honnête veuve qui aura soin de vous… Allez, mon enfant… conduisez-vous sagement à l’avenir… le ciel aura pitié de vous… En disant ces mots il me donna sa bénédiction, et me promit de travailler à me réconcilier avec mon père… Dès ce moment je pris un nouvel être… Sans quitter l’endroit où j’étais… je me jetai à genoux… J’arrosai la terre de mes larmes… j’adressai à Dieu une fervente prière ; je lui promis, je lui jurai de rester désormais inviolablement attachée à ses lois… de ne plus m’égarer des sen-