Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/147

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le prendre avec moi… par bonté je le garde… je l’empêche de mourir de faim, lui et sa famille… et voilà la monnaie dont il me paie… Aussi je n’ai pu y tenir plus long-temps… ma patience était épuisée… et je viens de le renvoyer… il est parti.


Le Baron.

Comment après trente ans de services ?…


Le Comte.

Tranquilisez-vous, mon colonel… il est remplacé… il est remplacé… J’en ai un qui coiffe ! ah ! en hérisson, en hurluberlu, en aîle de pigeon ; enfin c’est la huitième merveille.


Amélie.

Et pour une pareille bagatelle…


Le Comte.

Qu’appeliez-vous bagatelle ?… manquer de pommade !


Amélie.

Mais, M. le comte, songez donc qu’en le renvoyant ainsi, vous le réduisez peut-être à la mendicité…


Le Comte.

Ah ! quel cœur, quelle âme ! Vous allez intercéder pour lui, je le vois, et je sens ma faiblesse… Mais rassurez-vous… le malheureux n’est point aussi à plaindre que vous le pensez… Il est en possession d’une pépinière d’enfans, qui, dès qu’ils seront en âge et en état de travailler, lui gagneront la vie… En attendant il est juste qu’il porte la peine de sa faute.