Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/174

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Amélie.

Grand Dieu ! mon père…


Erman.

Quelque braconnier apparemment… mais en plein jour cela m’étonne ! Ne l’a-t-on pas arrêté ?


Chrisalde.

Vraiment sans doute : à l’instant l’ordre émané de la bouche de M. le baron, a prononcé qu’il fût enfermé dans la vieille tour du château : tenez, regardez… n’est-ce pas lui qu’on amène ? oui… oui… le voilà… le voila ; battez tambours ! sonnez trompettes !

Par des accens mélodieux
Célébrons ce moment prospère !
Qui nous rend en ce jour heureux,
À moi mon maître, à vous un père. (Il sort.)



Scène VI.


AMÉLIE, ERMAN.




Amélie.

Il faut que ce soit un objet bien effrayant qu’un braconnier ! Je n’ai presque pas le courage de regarder de ce côté : tenez ! le voilà qui approche ; mon Dieu ! qu’il a l’air doux ! j’avais bien tort d’avoir peur. Oh ! comme il paraît accablé ! il me fait une peine !… je me sens prête à pleurer : non, il n’est pas possible que ce soit un méchant homme ; il n’en a pas la figure : voyez, voyez ! comme ces vilains chasseurs le poussent dans la tour : ils vont le tuer : … voilà qu’ils referment la porte sur lui ; que va-t-il devenir, seul, dans l’obscurité ?