Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/175

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Scène VII.


Les précédens, LE BARON.



Amélie, courant au-devant de son père, et se jettant dans ses bras.

Mon père !


Le Baron.

Doucement, mon enfant, doucement ; le bon Chrisalde que j’ai rencontré en venant ici, vient de m’assassiner tout de bon, par une cinquantaine de vers alexandrins, qu’il m’a fallu écouter d’un bout à l’autre, bon gré, malgré.


Erman.

Il vient de nous raconter, très-confusément, l’accident qui vous est arrivé à la chasse ; est-il vrai ?


Amélie.

Serait-il possible, mon papa ! que ce jeune homme que l’on vient d’amener, qui a l’air si doux, si intéressant, ne fût qu’un misérable voleur de grand-chemin ?


Le Baron.

Il l’est en effet ; mais s’il ne fait pas le métier pour la dernière fois, je parierais bien que c’est la première : (à M. Erman) Mon ami, cette aventure n’est nullement une aventure ordinaire ; ce jeune homme (ou je me trompe fort) n’est point de la classe commune des voleurs : il mendiait, disait-il, pour sa mère : sans trop faire attention à ce qu’il me disait ; occupé à poursuivre un ma-