Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/183

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jouissais de sa surprise, de sa joie ; je sentais ses bras me serrer contre son sein, son cœur battre contre le mien, nos larmes se confondre : fantôme de bonheur, disparaissez ! Un moment d’oubli a tout détruit ; deux malheureuses heures ont suffi pour changer ma destinée, et la plus douce des illusions a fait place à la plus effrayante réalité. J’arrive dans ma patrie, cette patrie désirée. Le premier objet qui frappe mes regards ma mère mourante, ma demeure une étroite prison, et mes premiers pas, au sortir d’ici, me conduisent à l’échafaud… un échafaud, grand Dieu ! Ai-je donc mérité mon sort ? Ah ! n’offensons pas sa justice par d’indignes murmures : souffrons, et souffrons en silence… Mais ! qui vient à moi dans ce triste lieu ?



Scène II.


FRÉDÉRIC, AMÉLIE.



Amélie, apportant à manger sur une assiette, et une bouteille de vin.

C’est moi, ne craignez rien, je viens vous apporter un peu de nourriture : vous n’avez peut-être ni bu, ni mangé ?


Frédéric.

Ah ! je n’ai ni faim, ni soif.


Amélie.

Tenez, tenez, prenez quelque chose, cela vous remettra le cœur.


Frédéric, se levant précipitamment.

Ah ! mademoiselle, qui que vous soyez, c’est le